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Interaction = Danger

Oh quelqu’un d’inconnu ayant l’air intéressant
Et si j’allais à sa rencontre et prenait les devants ?
Ah non cette pensée n’a même pas eu le temps d’être apparue
Plus aucune pensée mon cerveau se retrouve tout nu

Là où avec d’autres me viendraient spontanément des idées de socialiser
Je me retrouve avec un calme plat et avec absolument rien avec quoi m’accrocher
C’est comme si la machine à penser s’était arrêtée et qu’avait disparu de quoi la redémarrer
Je suis bien moi mais mon cerveau n’est plus là je ne sais pas où il est passé

Je peux bien me forcer et essayer de réfléchir à des idées
Mais c’est fastidieux je rame et le spontanée est quelque peu décalé
Je dois intérieurement m’épuiser pour faire ce qui avec des amis serait facile
L’énergie perdue et les efforts sont décuplés par mille

Je peux un peu interagir mais que c’est douloureux
J’ai l’impression qu’à l’intérieur de moi on est deux
Moi désirant établir du lien et mon cerveau coupant le courant
Ce qui fait que j’essaie d’avancer dans le noir complet avec une part de moi fuyant en courant

On pourrait dire « olala part de moi tu me fais chier tu vas voir j’ai de la volonté »
Et l’interaction peut ainsi très bien marcher
Mais c’est assez rare et ça serait intéressant de vraiment voir ce qui est derrière caché
Ben c’est simple : c’est mon cerveau qui veut se protéger du danger

Si je ne fais rien pour créer ou maintenir l’interaction
Je limite les risques de relations
Donc ne pas avoir de conversation est un allié dans ce système de protection
Si je suis neutre et sans aucunes pensées l’autre devrait bien se tirer vers d’autres horizons

Donc ce quoi je serai tenté de me plaindre ou d’insulter n’est que mon système de protection
Donc on voit bien que ce n’est pas créer avec soi la meilleure relation
Le problème n’est pas du tout mon système de protection qui fonctionne et pose des limites
Mais c’est plutôt son seuil d’activation qui a sûrement dû péter une durite

En réalité c’est même de nombreuses voir milliers de fois qu’il a dû être déréglé
Qu’il a été de toute part bousillé et que maintenant le moindre risque est perçu comme un énorme danger
Car pour interpréter le moindre inconnu d’une interaction comme un danger c’est qu’il a bien dû de nombreuses fois se manifester
Qu’avec camarades ou parents ça n’a pas dû être du tout marrant

Ca a même dû être l’enfer, pas vraiment de quoi se protéger des punitions, des règles contradictoires tout le temps
Des sauts d’humeur, un cadre où seuls les pleurs n’étaient pas changeants
Bref où la seule et unique bonne adaptation était de couper court à toute réflexion
Et comme par hasard on retombe pile sur notre problème initial du cerveau arrêtant de fonctionner lors de relations

Mais ça se tient carrément, autant limiter les interactions et la réflexion si je ne sais jamais à quelle sauce je serai mangé
Car dans un contexte de constant danger mieux vaut à tout prix éviter d’échanger,
De sur soi-même au maximum se refermer
Et vraiment de tout faire pour mettre de la distance avec ce qui m’est étranger

Il convient donc de reconnaitre que nos problèmes de communication sont une influence de notre passé
De ré-apprivoiser ce que l’on perçoit instinctivement comme un grand danger
Et comme tout comportement qu’on souhaite modifier
Progressivement s’engager dans ce qui nous fait peur mais qui est atteignable pour petit à petit s’y sentir en sécurité

Interaction = Danger, 18/09/22

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