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Désirs pliés

                                                       

S’en vouloir

Pourquoi souvent on s’en veut d’avoir fait ce dont on était capable ?
On espérait mieux monter
Du coup on se descend de n’être qu’à ce pallier
Je ne comprends pas cette logique qui accable

Sûrement qu’on nous l’a appris
C’est un peu fantasque ce pli
Vouloir se booster sur le moment ok
Mais s’en vouloir après ?

Et c’est pas qu’on a fait du mal
Juste qu’on ne considère pas suffisant
D’avoir fait ce dont on était capable en l’instant
Et si au lieu de se descendre on stabilisait ce qui n’est pas si mal ?

Du genre bon ça c’est ok, ça c’est pas trop ok
C’est cool, il y a du bon et des difficultés
De cette expérience je vois des acquis et des leçons
On a de quoi être curieux et en paix.

S’en vouloir, 15/03/22

                                                       

Tempérance, plaisirs

A trop user d’un plaisir il finit par s’épuiser
Ce qui était très bon devient bon
Il y a des limites à éviter
Au risque de perdre des saveurs pour de bon

Regarde en cuisine
Si tout n’était que sucré
Tu deviendrais dégoûté
Il y a besoin que la variété anime et réanime

Et puis des plaisirs paraissant éloignés
Peuvent au final être fortement reliés
C’est le plaisir de l’exercice physique
Qui va donner au plat un goût fantastique

Et puis ce sont les moments d’absence
Où on laisse la digestion et la faim s’installer
Qui fait que l’appétit puissamment renait
De l’espace est fait pour accueillir le plaisir de panse

Mais bien sûr si tu as été longtemps affamé
Normal de pendant des jours manger
Mais sache que quand rassasié il demandera à être stabilisé
Et veille à bien écouter, au risque de l’émousser.

Tempérance, plaisirs, 16/03/22

                                                       

Tenir suite au manque

A tout ce qui nous a été refusé
Et dont on n’avait aucun moyen d’y pallier
On se retrouve alors dans une étrange balance
Entre un déni atroce ou un besoin vorace

Dans les deux cas prisonnier du manque
Manque qui a été terrible et négligé
Si je nie, je ne vis pas ma vie sans le savoir
Si je le vis, je n’ai plus de place pour le reste de ma vie

Ahhhh que c’est horrible ce balancement
Bon le truc quand on nie on ne sait pas que ça ne va pas
L’avantage de ne pas nier c’est qu’on peut dessus travailler
Mais quelle souffrance d’être aussi dans l’excès

Shhh, shhhh, tout doux, ça va aller
L’équilibre se fait par des tentatives parfois réussies parfois ratées
Et puis l’excès a au moins la qualité de te nourrir
Et puis quand on a rien eu pendant des années, la moindre dose apparait en excès

Je te demande juste de rester avec toi
Que ça soit dans la souffrance ou dans le plaisir
En toute puissance ou avec des béquilles, reste avec toi
Je préfère quelqu’un ne marchant pas droit mais avec lui qu’un étranger à soi marchant droit.

Sois en paix avec toi, même si ça se met un peu trop à remuer
On n’a jamais reproché au marin de trop s’accrocher à la barre
Surtout quand les vagues sont tellement fortes qu’il pourrait se faire emporter
Accroche-toi les tempêtes aussi finiront par passer et te redonner la barre.

Tenir suite au manque, 14/03/22

                                                       

Dénigrer le manqué

Nan mais de toute façon ça me m’intéressait pas
Nan mais ça ne valait pas le coup cet engagement-là
Dit-on d’un moment fort auquel on aurait pu assister
Je transforme le superbe plat en déchet

Ainsi je n’ai pas raté ce délicieux met
Je ne peux m’en vouloir de m’être saboté
Puisque ce que j’ai raté était forcément à chier
Je ne peux accepter d’avoir raté une belle opportunité

Donc j’affirme qu’en fait cela de m’intéressait pas
Je suis dans le déni d’une part de moi
Celle qui aurait aimé mais qui n’était pas encore assez là
Malheureusement c’est le saboteur qui a gagné cette fois

C’est comme ça, si tu le souhaites on verra bien pourquoi
Le dénigrement est une forme de protection
Peut-être se manifesteront des ressentis en action
Peut-être résistera la mauvaise foi.

Dénigrer le manqué, 20/03/22

                                                       

Désir abattu

Puissant est un certain désir
Des moments il me fait frémir et agir
Et d’autres il m’incite à mourir
En effet le temps de réalisation tarde à venir

Ce n’est pas le moment
Mais ce n’est pas ce qu’il entend
Il se sent désespéré
Et me fait ressentir un vide de désirer

« Si je n’ai pas ça, rien ne sert d’encore désirer
Je fais grève par ma grande déception
Je doute qu’il y aura un jour résolution
Donc les désirs d’action peuvent s’en aller »

N’as-tu pas entendu que ce n’était pas le moment ?
« Ce n’est jamais le moment ! »
C’est juste que c’était il y a longtemps
Tu sais, je fais énormément d’efforts pour l’accomplissement

Je déblaye beaucoup de gros désagréments
Mon chemin n’est pas un jardin d’agrément
J’ai ronces et souches à assainir
S’il te plait, voit le travail que j’essaie d’accomplir

Et oui il y avait sûrement des moyens plus rapides d’y parvenir
Mais cela me demanderait de sacrifier d’importants besoins
Alors que ceux-ci en ce moment je les tiens de mes mains
S’il te plait, voit qu’à chacun son temps viendra quand il pourra venir

Mais je n’ignore pas que cela te fasse souffrir
Une fois le quai déblayé on attend le navire
Et puis dans l’attente on remarque encore un blocage
Et une fois fait, il faut encore laisser le temps à l’arrimage.

Désir abattu, 21/03/22

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