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Le Mental et son inquiétude – 5 poèmes

Rien à corriger

C’est tellement rare de n’avoir rien à se reprocher
Depuis toujours on vit dans un climat de contrôle qualité
Alors quand ça s’arrête on en reste scotché
Comment ça je n’ai rien à faire, rien à améliorer ?

Comment ça je n’ai pas à être stressé ou des choses à corriger ?
Mais non c’est sûr il y a forcément quelque chose de mal à rectifier
Comme d’habitude je l’ai oublié et ça va me retomber
Ben non. Tout va bien et tu peux profiter de ta tranquillité

Nan mais steuplé il y a forcément un truc que je n’ai pas bien fait
Je ne suis pas rassuré quand tout est calme et reposé
Dis-moi que je dois m’en vouloir, regretter l’invention du miroir
Ben non, tout va bien et c’est un énorme plaisir d’être avec soi le soir

Et si je pars sur des suppositions de détails qui auraient pu être ajouté ?
Genre qu’on aurait pu encore plus de fois se laver les mains en cuisinant ?
Tu sais les bactéries c’est très dérangeant
Mais oui y’a bien un moment où tu aurais pu encore plus nettoyer

Si tu regardes bien tu es sale et tu l’as fait exprès
Tu veux t’intoxiquer et le monde avec avec tes négligences de ratés
C’est vraiment tout ce que tu as trouvé de mieux pour se reprocher ?
Que les bactéries ne peuvent être à 100% éliminées ?

Il ne doit vraiment plus rien te rester si sur ça tu restes accrocher
Pourquoi plutôt ne pas me rejoindre dans ma tranquille gaieté ?
Non non car sans problème je disparais
Je me définis par ma fonction de résoudre ce qui peut être amélioré

Oui tu m’es utile bien souvent, voire même quotidiennement
Mais si tout va bien tu n’as pas de raison de me tirer hors de ma tranquillité
Je sais ce qu’il est juste de réaliser mais aussi qu’à des moments rien n’a besoin d’être fait
Ne t’inquiète pas ce n’est pas parce que je suis détendu que je ne regarde pas devant

Et puis il s’agit plus de pauses qu’une totale disparition
Évidemment que j’aurai encore des milliers de choses à améliorer
Mais si tu ne travailles pas tu as peur de cesser d’exister
Mais moi je sais bien que ce n’est pas vrai et qu’au moindre problème tu pourras entrer en action

Mais créer des faux problèmes pour perdurer c’est trahir la raison pour laquelle tu es né
A savoir de rendre ma vie plus agréable et améliorée
Et ces faux problèmes redondants me font vraiment mal au dedans
Je vais donc te demander d’arrêter par des faux prétextes me torturer par le pensant

Pensons ensemble, si on améliore mais qu’on ne prend jamais le temps d’admirer
Et bien alors on n’en n’aura jamais profité
Et améliorer n’est jamais voué à soi-même se sacrifier
Donc tu peux te mettre au repos, si on en est là c’est que tu y as contribué

Plutôt que de paniquer à créer avec le vide de quoi nous stresser
Contemple avec moi comment nous avons bien travaillé
Un état de calme et de paix intérieur est atteint
C’est un accomplissement du ciel qui nous étreint

Il serait dommage de chercher des graviers les yeux dans la boue
Quand après avoir déblayé notre terrain on pourrait regarder les plantes pousser
C’est si rare un terrain aussi riche et bien soigné
Regarde avec moi, reste avec moi, tu n’as plus de mots, c’est très bien, il s’agit de vivre et jouir de l’accomplissement d’un tout.

Rien à corriger, 30/11/22

                                                       

Pensées répétées pour survivre

Penser c’est bien, ça nous donne des coups de main
Mais fuir avec elle la réalité est-ce malin ?
Bah ça dépend des circonstances qui nous tiennent
Pas pareil entre un léger froid et un interrogatoire nous brûlant les veines

Quand il s’agit de circonstances naturelles je n’ai pas vraiment besoin de fuir avec les pensées
J’ai froid ? Je peux faire des bruits pour le manifester, je peux m’activer
Et puis bah oui c’est normal je ne suis pas très habillé
Mais l’interrogatoire c’est beaucoup plus bestial et civilisé

Ce sont des conditions auxquelles je ne peux physiquement échapper
Pas comme le froid où j’ai mille possibilités pour le faire évoluer
On est peut être usuellement piégé au sein de la réalité mais là on est piégé de piégé sans pouvoir bouger
Donc ma dimension physique je ne peux l’utiliser

Et si on y regarde bien à moins d’être grandement blessé c’est quelque chose qui n’est presque jamais censé pouvoir arriver dans notre réalité
Rien ne nous piège ou sinon sans être quelques minutes plus tard dévoré
Piégé sans manger est quelque chose appartenant uniquement au monde civilisé
Même des araignées qui piègent ce qu’elles ne peuvent manger vont le libérer

Rien dans la nature ne piège si ce n’est pour manger ou à la limite s’accoupler
Donc on est dans des conditions qu’aucun n’autre être n’a l’habitude de survivre et de supporter
Un interrogatoire c’est forcément insupportable et il nous faut donc des moyens pour le supporter
Les moyens physiques étant supprimés nous reste la pensée

La plupart des animaux hyper stressé vont simplement crever
Là où l’homme peut décider de ne plus habiter son corps pour y échapper
L’humain a une échappatoire supplémentaire à la souffrance comparé aux animaux
Faisant une capacité de survie accrue mais aussi générant bien des maux

Notamment celui de penser comme un moulin au grain imaginé
Et de nombreuses fois chacun s’est retrouvé interrogé ou prisonnier
Je n’ai pas envie de sentir, je n’ai pas envie de sentir dit celui qui dans ses pensées va partir
Mais oui bien sûr la réalité n’est pas toujours dans le pire

Mais des fois c’est trop que ne nous est insupportable de ne pas partir
A conscience et puissance accrue, la souffrance peut également venir en grandes crues
L’homme peut s’évanouir à lui-même et parler quand même
Une prouesse inégalée dans le monde manifesté et du sentir

C’est pour ne plus se rappeler les effets sur nous de la folie humaine qu’on se barre dans nos pensées
Quelle migraine constante sinon d’être confronté à la folie des autres
Mieux vaut s’enterrer dans la sienne au moins c’est la nôtre
Ainsi on n’interagit plus vraiment avec quelqu’un mais avec ce que nos pensées filtrent avant d’écouter

Chacun enfermé dans son propre monde pour être protégé
Personne n’interagissant sans intérêt pour le système qu’il a créé
Chacun bien au chaud dans sa bouillie de pensées bien qu’il n’est pas exclu de sur les autres l’éclabousser
Les marmites personnelles de pensées ayant remplacé communauté et humanité

Pour arrêter il implique d’apprendre à arrêter de s’agiter
Voir si la plupart des problèmes ne seraient pas simplement issus de nos pensées
Et si oui comprendre qu’est-ce qui a fait qu’elles ont été tordues et déréglées
Le challenge n’est plus la pensée en intensité on a déjà atteint des sommets

Mais surtout se concentrer sur sa pertinence et qualité
Car continuer à penser pour ne plus sentir la réalité c’est de soi-même se couper
Et être à moitié vivant ce n’est pas forcément quelque chose de désiré
Le but usuel de la pensée étant de s’élever et non de continuellement s’estropier.

Pensées répétées pour survivre, 2/12/22

                                                       

Pause personnelle

Honnêtement je ne sais pas quoi faire
Tout va bien, est loin l’enfer
Rien à démarcher, le travail viendra quand il sera prêt
Que faire ? Je n’ai pas besoin d’être motivé

Faire ce qui me fait plaisir : ok
Faire des provisions : c’est bon
Faire ce que j’ai remis à plus tard est déjà en action
Ah ! Et être ? Qu’en est-il d’être, l’ai-je fait ?

Ah là j’ai de quoi pendant longtemps me déployer
Être et admirer tout ce que j’ai fait et investi dans la durée
Prendre le temps de regarder, se regarder et admirer
Qu’est-ce que je me suis développé et dans le repos je peux le respirer

Qu’est-ce que ça fait du bien d’un moment s’arrêter
Pas pour s’effondrer mais pour contempler
Oui c’est stabilisé mais ce n’est pas le moment de s’agiter
L’heure est à soi-même s’apprécier.

Pause personnelle, 1/12/22

                                                       

Paix intérieure

Je vais bien et n’ai pas de motivation
Dois-je m’en réjouir ou entrer en lamentation ?
Rien n’est en ce moment de l’extérieur exigé
Rien en mon intérieur n’a non plus envie de bouger

Suis-je à un point que tous pourrait envier ou en train de déprimer ?
Si tout va bien pourquoi devrais-je me contraindre à m’activer ?
Des efforts hier j’en ai fait et un peu plus tard j’en ferai
Sommes-nous tellement conditionné à ne pas faire ce qui nous plaît que quand ça arrive ça nous est étranger ?

C’est vrai qu’enfant j’avais un emploi du temps d’obligations plus chargé que maintenant
Cette liberté que j’expérimente c’était une poignée de jours par an
On nous apprend à se décaler de son horloge interne pour celle de la société bien terne
Et moi là je suis bien dedans et rien au monde ne m’énerve

N’est-ce pas ça que chercherait à enseigner les grands maîtres à penser ?
Ben j’ai l’impression que le chemin par lequel je suis passé est beaucoup moins sophistiqué et compliqué
Pas de postures ou d’exercices, seulement faire ce que nous impose notre réalité
Et surtout exercer le discernement si véritablement cela a besoin d’être fait

Car penser à quoi ça sert ? A résoudre des problèmes
Et bien il suffit de s’atteler à la résolution des problèmes de notre passé
Voir également à ceux qui avant nous sont passés
Choisir un rythme de vie en accord avec ce que profondément on aime

Si les problèmes majeurs sont résolus il n’y a plus de raison de penser à tout va
Plutôt que de dire que la machine est affolée et qu’il faut la mater
Simplement s’atteler aux véritables raisons de son état déréglé
Si elle n’a plus rien sur quoi s’alimenter son état de folie va normalement s’arrêter

Car penser a la fonction première de nous protéger
Mais si les dangers qui dépendait de nous on s’y est attelé
Qu’on a décelé ce qui ou non nous concernait
Et bien on un atteint un état de calme où tout va bien peu importe ce qu’on fait.

Paix intérieure, 2/12/22

                                                       

Croissance organique de soi

Laisser sa place au développement organique de soi c’est quoi ?
Les engagements et envies envers le monde on en fait quoi ?
La réalisation de choses dont on se croit obligé ça déjà on connaît
Mais comment les différencier avec ceux que réellement on aimerait ?

Comment distinguer la non-envie de réaliser justifiée de la non justifiée ?
C’est à dire ? Ben y’a plein de fois où je n’avais pas envie et finalement le plaisir était de la partie
Qu’est-ce qui les différencie ?
Je n’arrive pas à voir les nuances entre les deux possibilités

Comment savoir ? Comment savoir où aller ?
Quand on n’a aucune liberté jamais besoin de se questionner
Mais maintenant que je l’ai je fais comment pour me décider ?
Oui je me souviens de manifester du refus mais était-ce envers mon manque de liberté ou l’activité ?

Je ne sais pas, je ne sais pas. J’étais tellement occupé à combattre ma non-liberté que ce que je voulais je ne l’ai pas développé
Je sais défendre ma liberté ! Puissamment et fortement oui ! Pour comment en profiter ?
Ça je n’avais pas le temps d’y penser…
Comment pourrait-on apprendre à cultiver si on est non-stop occupé à guerroyer ?

Entre son champ et celui de bataille il faut se décider
Mais si les menaces extérieures sont fortes il faut bien aux palissades fermement s’accrocher
Donc je ne sais pas trop ce que je souhaite réaliser
Car faire pousser pour voir se faire écraser ne fait qu’enrager ou donner envie d’arrêter

J’étais tellement occupé à ce qu’on ne détruise pas mon champ
Que ce qui pouvait y pousser était en second plan
Mais après les envahisseurs définitivement repoussés
Je n’avais aucune idée de quoi bien faire pousser

Et entre défendre et cultiver l’attitude n’est pas du tout la même à déployer
Oui la première t’a servie mais n’est pas vouée à être une finalité
Uniquement à te donner les moyens de cultiver en détente et sécurité
Le précieux a été sauvegardé, il est maintenant temps que sa croissance soit accompagnée.

Croissance organique de soi, 3/12/22

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