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Voix de femmes (patriarcat) – troisième partie

                                                       

Demande, véritable demande ?

C’est quoi une demande ?
Quand on me demande quelque chose je le fais et me tais
Je le fais le plus rapidement possible dans l’immédiateté
Et le sourire je dois l’avoir pas besoin qu’on me demande !

Je suis forte quand même !
Je suis capable de répondre à toutes les demandes
Jamais personne n’est satisfait
Je dois vraiment avoir de belles qualités

C’est bizarre quand même le mot demander
De-mander, mander d’accord c’est exiger avec fermeté
Mais pourquoi avoir rajouté de ?
Que vient-il faire dans ce jeu ?

Où est-ce que j’ai déjà vu ce de- ?
Ranger, dé-ranger, mmh je ne sais pas si c’est ça car c’est le contraire
Et puis c’est dé et pas de-
Main, de-main, non, le lien n’a pas l’air

Voir, de-voir, le devoir ça je connais et j’en suis félicité !
Par contre je ne vois pas trop la différence avec demander
Et puis ce n’est pas un verbe donc ça ne va pas
Ça doit être un dé qui a perdu son é, je ne vois que ça

Mais du coup, si mander c’est transmettre une exigence
Dé-mander ça serait transmettre une non-exigence
Mais ça ne va pas, car quand on me demande
Si je ne le fais pas il y a réprimande

Soit c’est la langue qui s’est trompée
Soit c’est moi qui suis trompée
Mais attends ! J’ai déjà entendu une demande de mariage refusée !
Une demande contrairement à un mandat, on a le droit de la refuser !

Ce sont donc les langues autour de moi qui m’ont trompée !
En réalité il ne faisait pas me demander mais bien me mander !
Et ainsi je croyais être tout à fait généreuse
Là où il n’y avait que service de gueuse !

L’avantage pour eux est que je ne me rebellais pas
Vu que j’étais heureuse d’être traitée comme ça
Ah les maudits menteurs !
Même si je ne peux pas m’enfuir pour l’heure, je sais que je vis le malheur !

Demande, véritable demande ? , 17/04/22

 

                                                       

Faire face au monstrueux

J’ai un petit problème
Pour me libérer j’ai besoin de parler
Mais certaines choses me font horriblement de peine
Que je ne peux me résoudre à les regarder

C’est trop pour moi, ça ne devrait pas exister
Et puis si je les voyais, sûrement je vais délirer
On est sûr que ça a bien existé ?
Oh c’est trop dur je ne fais que pleurer

Il y a toutes ces horreurs à dépasser
Si je veux pouvoir atteindre la clé
Quel courage il m’est demandé
De regarder ce que je n’aurai pu imaginer

Si je l’admets comme vrai
Soit je vais m’effondrer ou enrager
Aucun des deux je ne préfèrerais
Alala je vais bien devoir y aller

Répète-toi : Le monstre n’est pas l’innocence abusée
Ce n’est pas celle qui a été touchée qu’il faut condamner
Le monstre n’est pas l’innocence abusée
Mais la monstruosité c’est l’innocence qui est abusée

Perçois bien la différence et souviens-toi de ces deux phrases
Elles t’indiqueront toujours où se situe la lumière
Quand tu iras dans les profondeurs récupérer ta clé de chair
Et que tu seras menacée de toutes parts par piquants, voix et gaz

Si nombreuses n’y descendent pas
C’est qu’il y a bien de nombreux dangers là-bas
Les plus grands étant de rester en bas bloqués ou d’en ressortir défigurée
Alors tiens-toi bien à ces cordes de sécurité

Vas-y plonge et récupère ta clé
Tu verras elle vaudra bien tous ces menaces de vie
Car sans clé tu ne peux t’ouvrir à ta féminité
Et cela serait bien une grande tragédie.

Faire face au monstrueux, 18/04/22

                                                       

Bloquée dans les méfaits

Je ne peux pas dire ce qui a été fait
Il y a grand tabou à respecter
Non rien ne doit être dénoncé
Je sens mon épaule fermement appuyée

Il faut garder le secret
Pour la cohésion, pour ne pas blesser
Pour ne pas trahir, ne pas déranger
On me demande une fois de plus de me sacrifier

J’aurai bien envie de ne pas les écouter
Mais cette main est fermement accrochée
Et je n’ai personne sur qui m’appuyer
Aie je me sens par tous ce poids écrasée

Comment pourrais-je seule résister ?
Les menaces sont fermement appuyées
Comment faire pour me libérer ?
Ah je suis bloquée

Nulle part où aller, pas de rempart d’intégrité
Mais je n’ai pas envie de me taire ou me soumettre
Il va falloir assassiner
Je reste, mais je vous ferai payer mon mal-être

Tous mes cadeaux seront empoisonnés
Avec vous je continuerai de rigoler
Mais derrière qu’est-ce que j’ai envie de vous tuer
Mais en fait encore plus derrière qu’est-ce que j’ai le cœur briséJe souffre de cet abandon
Je souffre de cette prison
Etre à la fois abandonnée et prisonnière
Ça ressemble pour beaucoup à l’enfer

Tous ces jets de poison
Etaient avant des jets de cœur en manque de compassion
Je suis maintenant moi-même bloquée dans cette prison
Où tout élan de cœur est transformé en poison

Je ne sais pas quoi faire j’attends la libération
Je suis bloquée dans ce processus en action
Faudra que tout s’effondre
Si je désire être plus que mon ombre.

Bloquée dans les méfaits, 18/04/22

                                                       

Ménage frénétique

Frotter, astiquer, nettoyer
Oh oui quel plaisir de bien lustrer !
Je permets au beau d’à nouveau se dévoiler
Je suis vraiment une petite fée !

Mais, c’est quand même rapide de nettoyer
Je fais vraiment que ça de mes journées ?
Oh frotter, astiquer, nettoyer
Oh oui quel plaisir de bien lustrer !

J’ai du plaisir d’accord j’entends la rengaine
Mais une fois nettoyé c’est fini
On le fait quelque fois dans la semaine
Voire dans le mois ou année selon l’objet grand ou petit

Frotter, astiquer, nettoyer
Oh oui quel plaisir de bien lustrer !
Euh dis donc pourquoi tu te mets à répéter ?
Ça me protège de la folie ! J’ai du plaisir oh oui !
Parce que sinon aucun sens n’aurait ma vie !

Hein ? Bah oui vu que je suis là enfermée
Faut bien que je trouve de quoi m’occuper
Avoir le sentiment d’une quelconque utilité
C’est bien ça, de rendre beaux les objets ?!

Hein, dis-moi que c’est du travail bien fait
Allez ! Dis-moi qu’a un sens ma raison d’exister !
Faut bien que je trouve des futilités avec quoi m’occuper
Vu que j’ai plus le droit de contribuer à la communauté !

Ah ouais… C’est ça qui t’as sauvé de la folie complète
Ma pauvre, viens-là, mon épaule accueille ta tête
Ça n’a pas dû être la fête d’être enfermée
Viens-là, ta maison ne fait plus partie de ton identité

Allez, respire et on passe le palier
Tu as fait ce que tu as pu avec les conditions imposées
Regarde le soleil se lever
Il est beau sans que tu aies besoin de frotter

Regarde la nature vivre et s’exprimer
C’est de là où tu viens ma beauté
Respire, on va chercher ce qui réellement te plaît
Tu n’as plus besoin de ta pulsion de nettoyer.

Ménage frénétique, 19/04/22

 

 

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